Projet Afrique
Alié la mygale
Arc en ciel
Les automates
Voyage autour du monde
Les cinq continents
En forêt
Les épouvantails
Venus d'ailleurs
Les insectes
Les fleurs
Les lutins
Savane africaine
En noirs et blancs
Ce1 école Gournay
La flûte à bec
Siré Camara invité sur le plateau Rouher de Creil
Danses
Mosaique en mots et en musique
Scoralies 2004
Scoralies 2006
Scoralies 2008
Quartiers en choeurs 2007
Les Etats Unis
Exemples de productions d'enfants
Chorale Louise Michel 2010
Scoralies 2009 Macé
Scoralies 2010 Macé
Scoralies 2010 Louisette
Chorale MCA 2010
Chorale kermesse Louise Michel 2010
Chorales Louise Michel
chorale des CE1 en 2009 pour l'école Louise Michel
Chorale des CM en 2010 pour l'école Jean Macé
Scoralies 2011
Classe de CM1/CM2 de Patrick
Construction d'instruments
CE2 Louise MIchel

Ma formation continue aux CMR à l'ARIAM et au CNFPT
"Autour des percussions"
"Autour des anches simples"





w w w . m u s i c i e n - i n t e r v e n a n t . n e t


..
 

Exemples de pratiques musicales à l'école
Archives des spectacles d'écoles
Mes notes de cours en formation au dumi
Mes productions musicales
Page liens

Intro / page1 / page 2 / page3 / page 4 / page5 / page6 / page7 / page8

La conférence...quelques éléments à propos du berimbau


présenté et illustré d'exemples sonores joués sur son instrument par :
François Kokelaere

Stage-Atelier proposé dans le cadre de la formation continue du CNFPT Nord-Pas-de-Calais et organisé par le CFMI de LIlle.

Quelques éléments d'information sur le Berimbau

>>> François nous montre deux photos de musiciens qui jouent de l’arc musical et qu’il compare).
La photo dans l'encadré ci-dessus :
L’un tient dans sa main un arc musical qui a exactement la même forme que le berimbau et qui s'appelle le UMUDURI chez les Bantous A côté de lui il y a un autre musicien qui joue sur une sorte de lamellophone qu’on appelle le MBIRA justement dans la même région et dans la même ethnie.François nous fait remarquer que l’arc musical UMUDURI se joue avec le MBIRA. et par analogie nous pouvons en conclure que l’arc musical qui va se développer au Brésil est originaire du pays Bantou, de la même région d’Afrique.


Le UMUDURI

C’est celui qui apparaît dans les années 1900, le BERIMBAU où il est associé à une danse de combat qui commence à naître au Brésil et qui s’appelle la CAPOEIRA.

Au Brésil les musiciens n’ont plus une calebasse au poignet comme en Afrique. Ils utilisent un hochet en forme de panier, rempli de graines et qu’on appelle O CAXIXI. Un morceau de calebasse qui sert de socle, un panier tressé et des graines enfermées dedans. Il est tenu et joué avec la main droite, coincé avec deux doigts.

Pour jouer sur la corde quelqu’un a eu l’idée d’utiliser un galet pris au bord d’une rivière. C’est alors que le son a complètement changé.
Le BERIMBAU sera associé à la CAPOEIRA qui est une danse de combat.
La corde en boyau (nerf) utilisée en Afrique va être assez rapidement remplacée sur les arcs du Brésil, par un fil d’acier en tant que corde métallique.
Ce changement s’est produit avec l’arrivée de l’automobile. On a constaté qu’en brûlant les pneus des voitures, l’armature métallique du pneu était constituée entre autre, de fil d’acier. De nos jours encore, les brésiliens continuent à utiliser ce système.

Personne ne sait pourquoi on associa le Berimbau à la Capoéira danse de combat. Ce mariage a eu lieu au moment où les esclaves en ont eu assez, malgré l’abolition de l’esclavage, ils restent toujours dans la même situation de misères si bien qu’il y a des batailles violentes entre eux et les forces de polices.
Parfois les anciens esclaves devenus libres, se servaient de leurs Berimbaus comme de baïonnettes.
Le conférencier a pu voir lors de son séjour au Salvador des berimbaus taillés en pointe avec du sang séché sur le bout.

Le berimbau du Brésil est joué avec une baguette de bambou appelé A BAQUETA, taillée sur un gros morceau de bambou fendu en lamelles et effilé avec un couteau.

On rencontre le même phénomène du son "sali" avec les tambours d’Afrique de l’ouest sur lesquels on a adjoint des résonateurs. Cela crée un espace sonore intéressant.
Même chose encore avec le balafon. On crée un « mirlitonage » en collant un papier très fin sur le trou des calebasses résonateurs qui sont placées sous les lames de bois.

Pourquoi ce son « sale » ?
On entre là dans toute une philosophie africaine dans laquelle les dieux et les génies sont reliés à la vie quotidienne et à la musique.

C’est la même chose pour le Berimbau qui possède également ce son propre et son contraire, le son sale qui "frise".

Un autre élément du Berimbau qui est très important :
le résonateur fabriqué dans une calebasse tronquée et avec lequel on fabrique l'effet sonore « wah wah » en obstruant et en dégageant l’orifice de la calebasse que l'on pose sur le ventre.


Résumé de tous les sons :
Voici présentés sommairement tous les ingrédients de base de la pratique de jeu du Bérimbau. La technique de jeu :

01 La technique de jeu de base :
Frapper un coup sur la corde
Doubler les notes
Rouler les notes
02 Les trois sons :
1 - Frapper sur la corde au dessus de la séparation faite par la calebasse résonateur.
2 - Pousser le galet sur la corde, pour obtenir une modulation de 1 demi ton. Ce sont les deux notes fondamentales du Berimbau.
3 - La SONAILLE qui s’obtient en touchant très légèrement la corde pour créer un frisé. On retrouve dans ce son la racine africaine de l’instrument. Très souvent en Afrique on oppose le son «droit» au son «sale».
03 La résonance "wha wha":
En obstruant / ouvrant l’orifice de la calebasse que l'on pose sur le ventre.


Quelle musique faut-il jouer avec le Berimbau ?

Revenons à nos anciens esclaves qui jouaient le berimbau pour accompagner la capoeira qui est une danse de « l’aller et retour » du coup porté, du coup reçu, du coup porté, du coup évité, donc une danse dite BINAIRE exemple :

> 04 Le rythme binaire :

Assez vite au Brésil se décline deux écoles :

1 La capoeira africaine dite la capoéira ANGOLA qui se joue avec un petit galet et dont la danse est beaucoup plus lente, davantage une danse qu’un combat. Exemple : (Avant de commencer à jouer, le maître appelle les dieux en jouant 7 notes sur son berimbau).

> 05 Le rythme de type capoeira angola :

2 La capoiera de Bahia appelée la capoeira REGIONAL plus violente dans les mouvements et plus rapide dans les rythmes exemple :
(Dans cette capoeira, le maître démarre directement la rythmique).

> 06 Le rythme de type capoeira regional:

Avec le temps quelques airs traditionnels se sont stabilisés, mais selon le maître de capoeira, on mélange un peu tout.
Un exemple :
SAO BENTO GRANDE (
base de la capoeira)

> 07 SAO BENTO GRANDE :

Au Brésil, la SAMBA n’est jamais très loin, on met un peu de samba dans la danse (la RODA capoeira en ronde) exemple :

> 08 Le mélange de rythme de samba :


Pourquoi le nom BERIMBAU ?

Peut-être parce que le nom du bois qu’on utilise au Brésil s’appelle le BERIBA; Il y eu assez peu de recherche sur cet instrument au Brésil. On ne sait pas encore.


Dans la capoeira il existe un répertoire traditionnel afro-brésilien

Parcourons le chemin inverse du Brésil vers l’Afrique pour retourner aux origines du berimbau.

En Afrique on jouait en TERNAIRE (Ecouter l'extrait no 10 pour savoir ce qu'est le ternaire)

Les africains, en traversant la mer pour arriver au Brésil, ont perdu le rythme ternaire de leur musique. Ils sont passés à des rythmes BINAIRES

Certes au Brésil il y a des rythmes afro-brésiliens comme la MACUMBA le CANDOMBLE la BATUQUE où on joue le ternaire africain. Pourtant en ce qui concerne les rythmes sur le berimbau notre conférencier n’a jamais entendu jouer le berimbau en ternaire puisque le rôle premier de cet instrument est d'accompagner la danse de combat. On ne peut pas se battre en TERNAIRE car le ternaire donne envie de danser
(L’analogie est faite avec les musiques militaires de chez nous qui sont bien BINAIRES pour marcher au pas.).

Le travail important de François Kokelaere a consisté à " faire le retour naturel " du berimbau en Afrique. Il a passé des années en Guinée à étudier la musique Mandingue. Il a mis toute cette musique dont il s’était nourri, dans le jeu sur le berimbau. Il a transposé sur l’instrument les rythmes que l’on joue sur le djembé Guinéen.
Après de longues recherches sur tous ces rythmes africains, une chose l’a intrigué en lien avec la déportation des esclaves en Amérique du sud :
Il a constaté que certaines pulsations avaient traversé les mers notamment celles que l’on retrouve dans la SANTERIA cubaine ( Vaudou cubain) ou dans le vaudou HAITIEN et d’autres encore.

Mais alors, pourquoi certains rythmes ont réussi a traverser les mers et pas d’autres ?
Il existe une rythmique que l’on trouve dans l’air YORUBA entre le NIGERIA, le BENIN, le TOGO et qui elle, a survécu. Cette rythmique donne ceci (on ne la joue pas du tout au BURUNDI) :

> 09 La rythmique tirée du Yoruba :


François K. s’est demandé ce qui se passerait si on redonnait au berimbau une culture africaine avec en plus de jouer en ternaire, on insérait un peu de rythme joué sur des cloches Yoruba, et puis encore un peu des rythmes utilisés dans les accompagnements de djembé. Cela a eu pour résultat que le Berimbau s’est révélé à lui-même :

> 10 Le mélange de plusieurs rythmes joués en ternaires :

(voir également la vidéo de la superbe performance de François K. extraite du concert que vous trouverez sur la page 4 « Concerts des formateurs »

Tous ces rythmes africains qui existent depuis la nuit des temps ont voyagé, ont traversé les océans, partis du pays BANTOU, arrivés à SALVADOR DE BAHIA, puis reviennent par le jeu de la mondialisation, en FRANCE, repartent en GUINEE, repartent dans les YORUBA vers le NIGERIA ou l’instrument continue sa mutation.

La première mutation du berimbau :
utilisation du galet à la place du doigt,
le caxixi utilisé à la place de la calebasse,
le fil métallique à la place du boyau,
la baguette n’était peut-être pas aussi rigide.

Tout comme le djembe a subi lui aussi ses propres mutations. L’original avait un laçage de lanières de cuir et il fallait chauffer le djembe constamment pour retendre la peau. C’est lorsque les bateaux ont commencé à arriver en Afrique de l’Ouest que les fabricants de djembés ont utilisé de la corde de chanvre qui constituait une avancée technologique extraordinaire. Puis dans les année soixante cette corde a été remplacée par de la corde pré tirée, la drisse à bateau.
Aujourd’hui tous les DJEMBE FOLA (les professionnels africains) utilisent cette corde à bateau car une fois tendue sur le djembe elle ne bouge plus et les tambours n’ont plus besoin d’être constamment réchauffés.

Voici une histoire qui fut rapportée au musicien :
Quand les esclaves avaient fini les travaux des champs, on les enfermaient dans les SANZALAS (la maison des esclaves) pour ne pas qu’ils s’échappent. Lorsque les relations avec le maître se passaient bien, ils pouvaient s’amuser le soir et on les laissait danser. Les esclaves avaient mis au point un stratagème, car en fait de danse, certains pratiquaient un art de combat, comme on en trouve souvent en Afrique. Ces pratiques d’art martial, ces danses de combat étaient réprimées par les Maîtres propriétaires.
Ces opprimés convenaient d’un signal qu'ils avaient mis au point par le biais des codes sonores. Lorsque les maitres ne se trouvaient pas dans les parages, ils pratiquaient l’entraînement des danses de combats (Ecouter les extraits no 5 et 6 ci-dessus).
Des guetteurs étaient postés à l’entrée de la Sanzala, d’autres un peu plus loin sur le chemin.
Le berimbau ne possède pas un son très ample et pour porter le son beaucoup plus loin on lui avait adjoint deux calebasses résonateurs/amplificateurs. Lorsque les danseurs étaient libres on jouait le Sao Bento grande (Extrait no7 ci-dessus) mais si
jamais les contremaîtres (la cavalerie) arrivaient sur les lieux, les joueurs de beirmbaus jouaient la CAVALARIA qui consistait à changer la rythmique pour prévenir les autres. Lorsque les danseurs entendaient le signal sonore, ils dansaient normalement. Les maîtres d'alors ne percevaient pas la différence entre les airs de berimbaus.

> 12 Le rythme pour la Cavalaria :

lien qui informera avec précision sur cette histoire de la Capoeira

Intro / page1 / page 2 / page3 / page 4 / page5 / page6 / page7 / page8